Le chemin de l’audible : la structuration dynamique de la perception par les verbes höras (suédois) et kuulua (finnois) « être audible » | Cairn.info
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1. Introduction

1.1. Les objectifs

1 Dans cet article, nous examinons les constructions avec les verbes höras en suédois et kuulua en finnois, « être audible », illustrées en (1) et (2) [1].

1.su. :röstenlätdov,som om
fi. :« äänikuulostivaimealta,ikään kuin
fr. :« la voixétaitsourde,comme si
su. :den hörts långt borta ifrån
fi. :se olisi kuulunut kaukaa »
fr. :elle venait (< était audible)de très loin »
(Benedictsson 1884)
2.fi. :Muttaonneksi kuului melukirkkoon.
su. :« Mensom tur var hördes bullrettill kyrkan. »
fr. :« Mais,heureusement,le bruit s’entendait jusqu’à l’église. »
(Lassila 1911)

2 Les usages de ces verbes sont similaires, alors que leurs origines morphosyntaxiques ne s’équivalent pas et que les langues concernées sont génétiquement éloignées.

3 Höras et kuulua sont tous deux issus des verbes d’audition exprimant l’expérience non contrôlée « entendre » : höras est à l’origine la forme passive de höra, formée avec l’affixe -s, tandis que kuulua est dérivé de kuulla avec l’affixe -U-[2]. Comme c’est typiquement le cas pour les verbes exprimant le perceptible, höras et kuulua apparaissent avec un sujet qui renvoie au stimulus ou à sa source, alors que l’expérient qui perçoit reste implicite (voir Huumo 2010 ; Viberg 2015).

4 Nous nous proposons d’identifier deux structures sémantiques différentes donnant lieu à la valeur complexe « être audible », en étudiant la conceptualisation dynamique de la situation perceptive dans les constructions en höras et kuulua, notamment le mouvement fictif qui y est inhéremment présent. Il s’agit du mouvement d’une entité non tangible à partir d’un point de départ vers un point d’arrivée, en suivant la trajectoire qui relie les deux. Ce mouvement est indépendant d’un mouvement effectif par une entité tangible, ainsi que de celui d’un observateur localisé (Talmy 2000 : 105-106). Il se schématise comme suit (Johnson 1987 : 28 ; Matsumoto 2010 : 119) :

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 1. Le schéma du chemin

5 Ce schéma, dont les manifestations linguistiques nous intéressent ici, renvoie à la trajectoire physique dont nous avons l’expérience par le biais de nos mouvements corporels et de nos perceptions sensorielles et qui, d’un autre côté, donne sens à ces expériences (Johnson 2007 : 139 ; Barnabé 2016).

6 Statique sur un plan physique, la situation perceptive est décrite avec des éléments linguistiques exprimant le mouvement (Talmy 2000 : 99 ; Barnabé 2016). Dans le cas des verbes d’audibilité, le mouvement fictif se dirige de la source du son vers l’expérient implicite [3]. Le profilage, qui signifie ici plus spécifiquement la mise en relief individuelle de chacune des étapes du chemin de perception (voir Langacker 2015 : 123) [4], varie toutefois d’un énoncé à l’autre, par exemple en (1), le point de départ est explicitement évoqué (långt borta ifrån « de très loin »), alors que l’exemple (2) donne saillance au point d’arrivée (kirkkoon « jusqu’à l’église »). Notre analyse portera sur cette variation, le profilage vers lequel tend chacun des verbes et la motivation sémantique derrière ces tendances.

7 Nous commencerons par présenter le corpus de l’étude (1.2). L’analyse se déploiera en trois temps : la description des caractéristiques morphosyntaxiques et sémantiques des verbes d’audibilité (2.1), l’étude des manifestations de la directionnalité dans les expressions d’audibilité (2.2) et l’explication sémantique des différences observées (2.3).

1.2. Les données

8 Notre étude se fonde sur 629 occurrences de höras et 1 085 occurrences de kuulua tirées du corpus des « Anciens romans suédois » (des années 1830-1940, 4 347 047 mots) [5] et du corpus « Classiques de la littérature finnoise » (des années 1880-1930, 1 456 658 mots) [6]. Nous n’avons pas considéré la différence de nombre d’occurrences comme significative, estimant le taux de höras comme suffisamment conséquent.

9 Les données littéraires nous ont permis d’observer l’utilisation de ces verbes non seulement dans le cadre de la narration, par exemple dans la description d’un lieu comme perçu par un personnage, mais aussi dans les dialogues. De plus, la prose littéraire a tendance à expliciter les facteurs contextuels qui entrent en jeu dans l’interprétation d’un élément linguistique. En utilisant les deux corpus, nous avons pu établir deux ensembles de données relativement comparables, en ce qui concerne le genre textuel et la période de parution. Le fait qu’il s’agisse de textes relativement anciens n’était pas au départ recherché, étant donné que nous ne nous sommes pas posé d’objectifs diachroniques, mais s’est avéré intéressant par la suite, car nous avons pu observer que certains usages qui restaient productifs en finnois contemporain trouvaient leur équivalent en suédois pendant une période antérieure.

2. Le mouvement du son perceptible

2.1. L’origine morphosyntaxique et les particularités sémantiques de höras et de kuulua

10 Dans les deux langues, la vue et l’ouïe sont encodées par une série de quatre verbes différents, selon que la situation perceptive s’envisage comme une activité, une expérience, une apparence [7] ou une capacité d’être perçu, comme montré dans les Tableaux 1 et 2 (voir aussi l’article de Viberg dans ce volume). Pour les trois autres modalités, le nombre de verbes est plus réduit. À noter, toutefois, qu’en suédois, pour le toucher, le verbe de perceptibilité est formé avec le même affixe -s que les verbes de visibilité et d’audibilité, et qu’en finnois, à l’exception du verbe olfactif, les verbes de perceptibilité sont tous formés par dérivation du verbe qui encode l’expérience, en utilisant l’affixe -U-.

Tableau 1. Les verbes de perception en suédois (voir Viberg 2015)

Modalité de sens Fondé sur l’expérient Fondé sur le phénomène
Activité Expérience Apparence Perceptible
Vue titta på
se på
« regarder »
se
« voir »
se… ut
« avoir l’air »
synas
« être visible »
Ouïe lyssna på
höra på
« écouter »
höra
« entendre »
låta
« sonner, sembler »
höras
« être audible »
Toucher känna på
« toucher »
känna
« sentir »
kännas
« sembler »
kännas
« être perceptible par le toucher »
Goût smaka på
« goûter »
känna
smaken av
« sentir le goût de quelque chose »
smaka
« avoir un goût de quelque chose »
smaka
« être perceptible par le goût »
Odorat lukta på
« sentir »
känna
lukten av
« sentir l’odeur de quelque chose »
lukta
« sentir »
lukta
« être perceptible par l’odorat »

Tableau 1. Les verbes de perception en suédois (voir Viberg 2015)

Tableau 2. Les verbes de perception en finnois (voir Huumo 2010)

Modalité de sens Fondé sur l’expérient Fondé sur le phénomène
Activité Expérience Apparence Perceptible
Vue katsoa
« regarder »
nähdä
« voir »
näyttää
« avoir l’air »
näkyä
« être visible »
Ouïe kuunnella
« écouter »
kuulla
« entendre »
kuulostaa
« sonner, sembler »
kuulua
« être audible »
Toucher koskea
« toucher »
tuntea
« sentir »
tuntua
« sembler »
tuntua
« être perceptible par le toucher »
Goût maistaa
« goûter »
maistaa
« sentir le goût de quelque chose »
maistua
« avoir un goût de quelque chose »
maistua
« être perceptible par le goût »
Odorat haistaa
haistella
« sentir »
haistaa
« sentir l’odeur de quelque chose »
haista
« sentir »
haista
« être perceptible par l’odorat »

Tableau 2. Les verbes de perception en finnois (voir Huumo 2010)

11 Höras et kuulua contiennent chacun un affixe qui permet de réduire le degré de transitivité d’une relation, de ne référer qu’à un seul participant de la situation (ici, la source ou le stimulus) et, éventuellement, de conceptualiser celui-ci comme peu actif (voir Næss 2007 : 12-15). Les morphèmes -s et -U- donnent le statut de sujet à un élément qui ne l’aurait pas dans une phrase transitive. Selon le sémantisme du verbe auquel ces affixes s’associent, les valeurs qui se produisent sont tantôt passive, avec un agent implicite ; tantôt anticausative [8], sans agent implicite ; ou encore réfléchie, avec un sujet agentif et l’action qui se dirige vers le référent de ce sujet.

12 L’affixe -s, utilisé pour former le passif, découle du pronom réfléchi de troisième personne sig (Lyngfelt 2010 : 179). Le passif en -s met à la place du sujet le patient [9], autrement dit l’entité qui jouit ou souffre de l’action exprimée, tandis que l’agent, défocalisé sur le plan informationnel, reste implicite ou apparaît dans un complément introduit par la préposition av.

13 L’affixe -U- est fréquemment utilisé dans les verbes qui renvoient au processus où le référent du sujet connaît un changement dans son état (kaat-u-a « faire.tomber-détrans-inf » > « tomber »). Les verbes du perceptible se distinguent de ce cas de figure puisqu’aucun changement dans l’état du référent du sujet n’est en jeu. Kulonen-Korhonen (1985) explique la présence de l’affixe -U- dans ces verbes par le fait qu’en tant qu’élément détransitivant qui met le sujet du verbe transitif en arrière-plan, -U- contribue à la référence générique et fait émerger la valeur du potentiel. Il s’agit de la capacité d’être potentiellement perçu par n’importe qui dans la situation décrite.

14 Les verbes de perceptibilité produisent difficilement une voix passive, à proprement parler, car le sujet des verbes d’expérience transitifs höra et kuulla « entendre », qui est effacé dans les constructions intransitives, présente un degré d’agentivité très faible.

15 Höras et kuulla tendent fortement à se construire avec un sujet inanimé, et les sujets animés ne sont acceptés que dans des cas particuliers [10]. Pratiquement toutes les occurrences de kuulua avec un sujet animé se trouvent dans des énoncés négatifs dans lesquels la valeur auditive est effacée. En effet, kuulua s’est grammaticalisé d’un verbe d’audibilité en un verbe de non-apparition (voir Peltola 2018) :

3.Sehän, Mikko, muuten kävi eilen illalla taas täällä ja kysyi sinua, Anna Liisa, mutta et sattunut olemaan kotosalla. Istui täällä kotvan aikaa ja odottelikin. Läksi sitten viimein tiehensä,
kun sinu-a ei kuulu-nut.
quand 2sg-part nég.3sg être.audible-ptcp.pst
« Au fait, Mikko est passé ici encore hier soir et il a demandé à te voir, Anna Liisa, mais il se trouvait que tu n’étais pas là. Il est resté pendant un moment à t’attendre. Il s’en est allé enfin, quand tu ne venais pas. »
(Canth 1895)

16 Ici, l’interprétation auditive du verbe est exclue et la non-apparition du référent du sujet est fortement contre les attentes interactionnelles.

17 Höras, accompagné de la particule verbale av et d’une négation, a connu un usage similaire (voir SAOB, s.v. höra av 3 a-b), aujourd’hui archaïque (ex. 4).

4.Och det var på den tiden när det inte var så noga fast en finne kom bort och aldrig hördes av mer.
« Et c’était à l’époque où il n’était pas si grave qu’un finnois se perde et ne soit plus jamais retrouvé. »
(Andersson 1914)

18 Dans les rares cas où höras et kuulua acceptent un sujet animé, l’incapacité d’être perçu ne concerne donc pas seulement les sons émis par le référent du sujet mais toute sa présence physique. La grammaticalisation en un verbe d’apparition est un témoignage de plus de la présence inhérente du mouvement fictif dans le sémantisme des deux verbes.

19 Parmi les sujets inanimés, ceux référant au son émis sont en grande majorité, aussi bien dans les constructions avec höras (90,7 %) que dans celles avec kuulua (94,7 %) (ex. 5 et 6). Quand, rarement, le sujet réfère métonymiquement à la source inanimée du son, il s’agit d’un appareil dont la fonction principale est de produire un son (ex. 7) ou d’un processus qui donne lieu à un son (ex. 8).

5.Nej, Gösta Berling jagar efter sjörået, hans röst hörs inte, hans befallningar leda ingen.
« Non, Gösta Berling cherche la fée des lacs, sa voix n’est pas audible, ses ordres ne dirigent personne. »
(Lagerlöf 1891)
6.[…] pitää mennä tästä metsään, tuonne, mistä
« il faut se rendre dans la forêt, là-bas, d’où
poikien, pentujen ja koiran äänet
les voix des jeunes hommes, des enfants et du chien
kuuluvat.
viennent (< sont audibles). »
(Lehtonen 1920)
7.Långt borta hörs
« (Venant de) très loin, on entend (< est audible)
ett handklaver […].
un accordéon […]. »
(Koch 1916)
8.Viereisestäkamarista
« (Provenant)de la chambre voisine,
kuului läheneviä askeleita.
on entendait (< étaient audibles) des pas qui s’approchaient. »
(Linnankoski 1905)

20 Les exemples (5) et (6) comprennent un sujet antéposé au verbe, alors que (7) et (8) présentent un sujet postposé. La mobilité syntaxique des compléments de höras résulte du fait que le suédois est une langue V2 (ex. 7). En finnois aussi, l’ordre des mots est une ressource pour la structuration informationnelle (voir Duvallon 2006 : 37-45). L’exemple (8) illustre une phrase existentielle : elle suit l’ordre AVS, où A est un circonstanciel de lieu (voir Huumo 2003).

2.2. Les étapes du chemin de l’audible

21 Dans les deux langues, la directionnalité de la perception est inscrite dans les constructions sous forme de syntagmes (pro)nominaux et adverbiaux comprenant des adpositions ou des cas locatifs. Ces éléments évoquent explicitement le point de départ (ex. 1, repris en 9) ou le point d’arrivée (ex. 2, repris en 10) du stimulus, ou encore sa trajectoire (ex. 11). Les exemples sont suivis par le schéma du chemin où la ligne en gras indique l’étape profilée.

9.su. :röstenlätdov,som omden hörts
fi. :« äänikuulostivaimealta,ikään kuinse kuuluisi
fr. :« la voixétaitsourde,comme sielle venait
su. : långt borta ifrån
trèsloin prép
fi. : kauka-a »
loin-part
fr. : de très loin »

Figure 2. Le schéma du chemin avec le point de départ profilé

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 2. Le schéma du chemin avec le point de départ profilé

10.fi. :Muttaonneksi kuului melu
su. :« Mensom tur var hördes bullret
fr. :« Mais,heureusement, le bruit s’entendait
fi. : kirkko-on.
église-ill
su. : till kyrka-n. »
prép église-déf
fr. : jusqu’à l’église. »

Figure 3. Le schéma du chemin avec le point d’arrivée profilé

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 3. Le schéma du chemin avec le point d’arrivée profilé

11.fi. :[…] jajoaamulla kuuluisi
kuulua.cond.3sg
su. :« […] ochredanpå morgonen skulle
cond
fr. :« […] etdèsle matin on entendrait
fi. : kylä-n läpi huuto […].
village-gén postp cri
su. :rop-et höras genom by-n […]. »
cri-déf prép village-déf
fr. :le cri traverser le village […]. »
(Linnankoski 1905)

Figure 4. Le schéma du chemin avec la trajectoire profilée

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 4. Le schéma du chemin avec la trajectoire profilée

22 Il est possible que parmi ces différentes étapes du chemin de perception plusieurs soient manifestes (ex. 12), qu’aucune d’entre elles n’apparaisse (ex. 13) (voir Figure 1) ou qu’au lieu de la directionnalité, la localisation statique du son dans un lieu donné soit profilée (ex. 14).

12.su. :Intet buller från gat-or-na hörs hit.
prép rue-pl-déf jusque.ici
fi. :« Mitään melua kadu-i-lta ei kuulu tänne. »
rue-pl-abl jusque.ici
fr. :« Aucun bruit venant des rues ne s’entend jusqu’ici. »
(Koch 1912)

Figure 5. Le schéma du chemin avec le point de départ et le point d’arrivée profilés

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 5. Le schéma du chemin avec le point de départ et le point d’arrivée profilés

13.su. :Varje rörelse Petra gör hörs på ett förskräckligt sätt.
fi. :« […] Jokainen Petran tekemä liike kuulu kauhealla tavalla. »
fr. :« Chaque mouvement que fait Pétra s’entendd’une façon terrible. »
(von Krusenstjerna 1931)
14.fi. : Vesako-ssa kuuluu liike-ttä […].
taillis-ine mouvement-part
su. :« I busk-ar-na hörs rörelse […]. »
prép taillis-pl-déf mouvement
fr. :« Dans le taillis, on entend quelqu’un bouger […]. »
(Aho 1921)

Figure 6. Le schéma du chemin avec la localisation statique du son profilée

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 6. Le schéma du chemin avec la localisation statique du son profilée

23 Dans les données étudiées, toutes ces configurations se manifestent dans les deux langues, mais d’une manière inégale. Le Tableau 3 présente la distribution des éléments locatifs encodant les différentes étapes du chemin de perception dans les constructions en höras et kuulua.

Tableau 3. L’expression de la localisation dans les constructions étudiées (en %)

Point de départ Point d’arrivée Trajectoire Localisation statique de la source Sans expression locative
Höras 20,98,97,327,537,6
Kuulua 42,09,21,65,541,7

Tableau 3. L’expression de la localisation dans les constructions étudiées (en %)

24 Les deux verbes présentent une tendance forte à favoriser le profilage du point de départ par rapport à celui du point d’arrivée ou de la trajectoire. Ceci peut être expliqué par le fait que le sujet des verbes d’audibilité réfère au stimulus (ou à la source du son), et les expressions locatives tendent à décrire la localisation de l’élément qui est syntaxiquement le plus proéminent.

25 Cependant, les deux verbes diffèrent en ce qui concerne le profilage de la directionnalité. Höras apparaît plus fréquemment que kuulua avec les expressions de la localisation statique du son, au lieu de conceptualiser ce lieu comme le point de départ ou d’arrivée du mouvement fictif. Quant à kuulua, la directionnalité l’emporte sur la localisation statique de manière notable.

2.3. L’actualisation de l’événement perceptif

26 Pour cerner la différence observée entre höras et kuulua, nous employons le concept d’actualisation linguistique de Guillaume (1929 ; voir aussi Neveu 2004) qui réfère au processus cognitif-sémantique graduel par lequel passent les expressions linguistiques. Selon cette approche, l’événement décrit peut être actualisé, c’est-à-dire associé à un repère spatio-temporel, à différents degrés. Certains signes linguistiques encodent l’événement à un état plus ou moins virtuel, marqué par la non-spécificité de référence personnelle, temporelle et modale, d’autres le présentent comme effectif, déterminé par des liens référentiels. Ces différents degrés d’actualisation s’organisent sur un continuum qui correspond à la progression de l’image-temps (l’axe chronogénétique) (voir Guillaume 1929 : 7-12, 29) :

Figure 7. L’axe de l’actualisation linguistique

Figure 1. Le schéma du chemin

Figure 7. L’axe de l’actualisation linguistique

27 Nous adoptons la notion d’actualisation graduelle pour examiner la manière dont höras et kuulua conceptualisent l’événement perceptif. Nous nous concentrons ici sur l’effet actualisant de l’origine morphologique et de la valeur lexicale de la racine verbale dans l’espace-temps intérieur de l’événement décrit. Cependant, la conjugaison temporelle et modale appartient à un autre niveau d’actualisation, assurant la localisation de l’événement par rapport au moment de l’énonciation.

28 L’usage de höras en tant que verbe d’audibilité résulte d’une opération morphologique qui concerne l’ancrage référentiel de l’événement perceptif, puisque l’affixe -s provient de l’association du pronom réfléchi de troisième personne à la base verbale. Dans cette opération, l’expérience auditive exprimée par höra « entendre » est retournée vers l’entité qui en est le stimulus (ou la source) (cf. en français « s’entendre »). Du fait de cet ancrage, l’événement est envisagé à un niveau d’actualisation qui va au-delà du potentiel, comme étant en train de devenir effectif. En effet, le marquage de personne, dont höras porte une trace, est un des signes de l’actualisation linguistique (voir Guillaume 1951 : 119). La conceptualisation de l’événement perceptif assurée par höras, notamment l’idée de retournement vers le stimulus, se prête à mettre en relief le stimulus dans sa localisation sans que le lien qu’il entretient avec l’expérient le soit. De cette manière, la directionnalité, i. e. la capacité d’atteindre l’expérient, peut rester en arrière-plan (voir Figure 6, ci-dessus).

29 En tant que l’expression du potentiel d’être entendu par un expérient générique (voir section 2.1), kuulua présente l’événement perceptif au stade initial (cf. en français « être audible »). Cette structure sémantique peut expliquer la tendance de kuulua, qui est encore plus forte que celle observée chez höras, d’apparaître avec les expressions de point de départ (voir Figure 2, ci-dessus).

30 Pour soutenir cette hypothèse concernant la différence sémantique subtile entre höras et kuulua, nous examinons deux points de divergence entre les constructions qui se forment autour des deux verbes. D’abord, il y a une place réservée pour un complément d’agent dans les constructions en höras (ex. 15), bien que ce complément reste facultatif [11].

15.En efter en steg in i ringen och predikade ödmjukt och sakta, fast med flit ändå så pass högt, att det alltid kunde höras av de bedjande riddarna.
« L’un après l’autre, ils entrèrent dans l’enclos et prêchèrent humblement et calmement, tout en faisant exprès de le faire suffisamment fort pour que leurs voix soient audibles à tout moment par les chevaliers en train de prier. »
(Heidenstam 1907)

31 La possibilité d’intégrer le complément d’agent dans la construction témoigne du fait que höras conceptualise l’événement perceptif à un stade d’actualisation où le participant qui subit l’expérience peut être désigné par une forme linguistique.

32 En revanche, ce type de complément est exclu de la construction avec kuulua[12]. La seule possibilité est de présenter l’être animé qui perçoit le son comme le point d’arrivée du stimulus :

15’.[…][äänikuului]rukoile-v-i-lle
son kuulua.prét prier-ptcp.prés-pl-all
ritare-i-lle asti
chevalier-pl-all postp
« […] [le son portait] jusqu’aux chevaliers en train de prier »

33 L’expérient en tant que tel n’a pas de forme linguistique. C’est la capacité du son de porter d’un point A au point B qui est profilée.

34 Deuxièmement, höras et kuulua se distinguent en ce qui concerne leur prédisposition à apparaître avec des verbes modaux exprimant la possibilité dynamique, c’est-à-dire la capacité interne du référent du sujet ou la possibilité ouverte par les circonstances (voir Palmer 2001 : 76-80). Du fait de la valeur de capacité d’être entendu qui lui est propre, kuulua est en soi intrinsèquement porteur de modalité dynamique et peut difficilement s’associer avec les verbes modaux voida et saattaa « pouvoir », lorsque ceux-ci portent la même valeur. Les données étudiées comprennent une seule cooccurrence avec chacun des verbes modaux, parmi les 1 085 occurrences de kuulua (ex. 16 et 17).

16.Hänen äänensä meni epäselväksi voimatta enää kuulua.
« Sa voix est devenue peu claire et ne pouvait plus être audible. »
(Järnefelt 1925)
17.Nyt oli vähän aikaa naputtamatta. Mutta ei suinkaan loppuakseen, vaan ainoastaan siirtyäkseen keittiöön. Ja sieltähän saattoi kuulua innokasta puhelua, […].
« Voilà que le tapotement s’interrompit pour un moment. Mais ce n’était pas pour s’arrêter, mais seulement pour reprendre dans la cuisine. Et effectivement, on pouvait entendre une causerie enthousiaste venir de là-bas, […]. »
(Järnefelt 1925)

35 Pour un locuteur natif du finnois, les deux usages, qui d’ailleurs proviennent du même ouvrage, paraissent marginaux [13].

36 En revanche, parmi les occurrences de la forme infinitive höras, 34 % comportent le verbe modal kunna (au prétérit, kunde) « pouvoir » portant la valeur modale dynamique, comme illustré en (18) (voir aussi 15, ci-dessus).

18.Våra hammarslag kunna höras ut på gatan och råka någon polisherres nitiska örhinna.
« Nos coups de marteau peuvent être entendus jusqu’à la rue et tomber dans l’oreille consciencieuse d’un policier. »
(Almqvist 1841-1842)

37 Les données étudiées suggèrent donc que höras est moins imprégné par la valeur de potentiel que kuulua. Le fait que le verbe modal dynamique puisse l’accompagner atteste que höras place l’événement à un stade d’actualisation qui va au-delà du potentiel. Kunna met en relief la valeur de capacité, alors que höras semble glisser vers sa fonction en tant que forme passive du verbe höra « entendre ». En effet, en (15), le syntagme verbal kunde höras « pouvait être entendu » est suivi d’un complément d’agent, propre aux constructions passives. On peut donc considérer les constructions comme celles en (15) et (18) comme représentant une zone de transition entre l’expression de l’expérience perceptive au passif et l’expression de perceptibilité.

3. Conclusion

38 Notre étude a porté sur deux procédés grammaticaux différents donnant lieu à la valeur d’audibilité. Nous nous sommes concentrées sur la conceptualisation dynamique de l’événement perceptif et le degré d’actualisation de l’événement assurés par les verbes d’audibilité höras, en suédois, et kuulua, en finnois.

39 Les deux verbes présentent des tendances remarquablement similaires en ce qui concerne les usages et les constructions. Les deux apparaissent, dans la majorité des cas, avec un sujet inanimé qui réfère au stimulus, alors que l’expérient reste implicite. Pour kuulua, l’expérient est non spécifié sans exception. Associé à un verbe de perception, l’affixe détransitivant -U- donne lieu à une valeur de potentiel. Kuulua profile la capacité du stimulus d’être perçu par un expérient générique, ce qui fait que la construction ne contient pas de position syntaxique destinée à accueillir l’expression de l’expérient. Pour cette même raison, les verbes modaux exprimant la possibilité dynamique s’intègrent difficilement dans ces constructions.

40 Du fait de l’élément d’origine référentielle -s, höras permet d’envisager l’expérience auditive à un stade d’actualisation plus avancé, jusqu’au point où le verbe modal dynamique kunna peut entrer dans la construction, assurant, de son côté, la valeur modale, et où un complément d’agent peut apparaître. Dans ce dernier cas, on peut dire qu’on passe d’un verbe de perceptibilité à un verbe d’expérience (« entendre » à la voix passive).

41 Höras et kuulua s’associent à des expressions locatives qui donnent saillance aux différentes étapes du chemin fictif du son. Les données suggèrent cependant que les deux verbes se distinguent en ce qui concerne l’étape du chemin perceptif qui est le plus typiquement profilée. La directionnalité ne semble pas marquer dans la même mesure le sémantisme des deux verbes. Ce résultat peut s’expliquer par une différence subtile dans le degré d’actualisation de l’événement perceptif assuré par les deux verbes. Du fait de son origine réfléchie, höras porte une trace de l’association de l’événement perceptif à un repère référentiel et, de ce fait, se combine plus facilement avec une expression de localisation statique. Un événement effectif peut être situé à une localisation donnée. Mettant en relief la capacité du stimulus d’être perçu, kuulua conceptualise l’événement perceptif à son étape initiale. En conséquence, il présente une tendance plus forte encore que höras à s’associer avec l’expression du point de départ.

42 Dans des recherches futures, il serait intéressant de tester si cette différence apparaît dans les contextes où höras et kuulua s’utilisent sans syntagmes (pro)nominaux et adverbiaux qui explicitent la direction du son (voir ex. 13, ci-dessus). Les locuteurs des deux langues perçoivent-ils dans ces situations la relation entre le stimulus, le son et l’expérient de manière différente ? Le contexte textuel donne-t-il des indices d’une telle divergence ? Reste à étudier également si les verbes d’expérience höra et kuulla « entendre », qui en soi sont compatibles avec les expressions de direction, présentent des tendances différentes de celles observées chez les verbes de perceptibilité et s’il existe un parallèle entre les paramètres directionnel-statique et perceptibilité-expérience.

Notes

  • [1]
    Toutes les traductions viennent des auteures, sauf indication contraire. Elles sont présentées entre guillemets à la suite de l’original. Dans la mesure du possible, l’élément original et sa traduction sont verticalement alignés. La traduction morphémique est ajoutée uniquement dans les cas où elle est estimée nécessaire pour la compréhension de l’analyse. On note « su. » pour « suédois », « fi. » pour « finnois » et « fr. » pour « français ». Les autres abréviations utilisées dans traductions sont les suivantes : abl : ablatif ; all : allatif ; cond : conditionnel ; déf : défini ; détrans : détransitivateur ; gén : génitif ; ill : illatif ; ine : inessif ; inf : infinitif ; nég : négatif ; part : partitif ; postp : postposition ; prép : préposition ; prés : présent ; prét : prétérit ; pst : passé ; ptcp : participe.
  • [2]
    La majuscule U est utilisée pour transcrire l’alternance entre [u] et [y] résultant de l’harmonie vocalique.
  • [3]
    Il est vrai que l’audition peut être conçue comme se fondant sur le mouvement effectif des ondes sonores vers l’être qui, grâce à son système auditif, les capte. Néanmoins, nous traitons le mouvement impliqué par les expressions de perception ici comme fictif, car il est possible de le construire comme inverse avec les verbes de perception agentifs (par exemple regarder vers quelque chose quelqu’un) qui donnent à l’expérient le statut du point de départ du chemin de perception (Talmy 2000 : 115-116 ; Barnabé 2016 : 21-22). De plus, la perception visuelle peut aussi être grammaticalement construite comme directionnelle, alors qu’elle ne se fonde pas sur un mouvement effectif du signal de la même manière que l’audition ou l’olfaction. Il s’agit donc de distinguer la réalité physique de la perception sensorielle de sa représentation cognitive et linguistique, tout en reconnaissant que les particularités physiques de la perception peuvent avoir un impact sur la manière dont les verbes exprimant les modalités de perception différentes favorisent les constructions plus ou moins dynamiques (voir Huumo 2010).
  • [4]
    Dans la grammaire cognitive, le profil réfère au focus de l’attention qui se détache d’un fond dans la construction du sens. Ce profilage est un des principaux mécanismes cognitifs linguistiques qui constituent la signification d’un terme (Langacker 1987 : 183-189 ; 2015 ; en français, voir par exemple Robert 2002 : 74-75).
  • [5]
  • [6]
  • [7]
    Viberg (2015 : 99-100) utilise pour ces verbes le terme « copules sensorielles ».
  • [8]
    Dans le contexte finnois, cette valeur est appelée automative ; voir Koivisto (1991 : 52-58), Hakulinen et al. (2004 : § 334). Pour ce qui est du suédois, les verbes en -s et les formes réfléchies font partie des constructions dites médiales (voir par exemple Lyngfelt & Solstad 2006).
  • [9]
    La position syntaxique de sujet peut aussi être occupée par un sujet formel (det). Le sujet sémantique apparaît alors dans une position postverbale.
  • [10]
    Voir aussi l’étude d’Engdahl (2001) où la majorité des sujets des formes passives en -s étaient inanimés. En revanche, une autre construction passive du suédois, comprenant l’auxiliaire bli « devenir », apparaît fréquemment avec un sujet animé (voir Engdahl 2001).
  • [11]
    Nos données comprennent 8 occurrences de höras avec un complément d’agent.
  • [12]
    Sur les compléments circonstanciels exprimant l’agent en finnois, voir Hakulinen et al. (2004 : § 995).
  • [13]
    Voida et saattaa peuvent apparaître avec kuulua, lorsqu’il s’agit d’une autre modalité, par exemple sporadique (voir Kleiber 1983, Le Querler 2001 : 22-26) :
    Ääni voi kuulua kilometrien päähän.
    « (Il arrive que) le bruit puisse être entendu jusqu’à plusieurs kilomètres. »
    Dans un autre contexte, l’exemple (17) pourrait effectivement recevoir une interprétation épistémique : « Il se pouvait qu’on y entendît […]. »
Français

L’étude porte sur les verbes höras, en suédois, et kuulua, en finnois, exprimant l’audible. L’objectif est de rendre compte de la structure sémantique de l’audibilité et de la conceptualisation dynamique de l’événement auditif, en s’appuyant sur le concept de profilage et sur le schéma du chemin issus de la linguistique cognitive. Les deux verbes se construisent avec un sujet référant au stimulus, alors que l’expérient est implicite. Höras s’associe le plus souvent avec l’expression de la localisation du stimulus, tandis que les constructions en kuulua présentent une forte tendance à profiler le point de départ du son. Nous analysons cette différence en termes d’actualisation linguistique. Portant une trace de repérage personnel, höras présente l’événement à un stade d’actualisation qui va au-delà du potentiel et permet de mettre en relief sa localisation. Kuulua conceptualise l’événement à son stade initial en tant que capacité d’être perçu par un expérient non spécifié.

English

The Path of the Audible: The Dynamic Construal of Perception in Constructions with the Swedish Höras and the Finnish Kuulua ‘To Be Audible’

The paper investigates constructions with the verbs höras, in Swedish, and kuulua, in Finnish, both meaning ‘to be audible’. The aim is to shed light on the semantic structure of ‘audibility’ and the dynamic conceptualization of the audible event. The paper draws on conceptual tools provided by cognitive linguistics, namely the notions of profiling and path schema. Both verbs are used with a subject referring to the stimulus, while the experiencer remains implicit. Höras co-occurs most often with items denoting the static location of the stimulus, whereas constructions with kuulua display a strong tendency to profile the point of departure of the sound. This difference is accounted for in terms of linguistic actualization. Höras carries a morphological trace of person marking, i.e. of a link between the event and a specific spatio-temporal setting. It therefore allows to foreground the actual location of the sound. Kuulua presents the event at its initial stage, as a capacity to be perceived by an unspecific experiencer.

Références bibliographiques

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  • Corpus

Maria Hellerstedt
Université de Lille
Centre d’études en civilisations, langues et lettres étrangères (CECILLE)
 
Maria Hellerstedt est maître de conférences en études suédoises à l’université de Lille et membre du Centre d’études en civilisations, langues et lettres étrangères (CECILLE). Ses recherches s’inscrivent dans la linguistique cognitive et fonctionnaliste, en portant d’une part sur la sémantique lexicale, surtout les verbes exprimant la spatialité (la localisation et le mouvement) et leur typologie, et d’autre part sur l’acquisition d’une langue première comparée à celle d’une langue étrangère, autant concernant la production orale que la production écrite.
maria.hellerstedt@univ-lille.fr
Rea Peltola
Université de Caen Normandie
Centre de recherches inter-langues sur la signification en contexte (CRISCO)
 
Rea Peltola est maître de conférences en études finnoises à l’université de Caen Normandie et membre du Centre de recherches inter-langues sur la signification en contexte (CRISCO). Situés dans le cadre théorique de la linguistique cognitive, ses travaux de recherche portent sur l’expression linguistique de la modalité, de l’animacité, de la perception et de l’espace. Elle s’intéresse également aux fonctions interpropositionnelles des modes verbaux et des verbes modaux, ainsi qu’à l’interaction entre les marqueurs discursifs et les éléments modaux. Elle travaille sur la grammaire finnoise, adoptant souvent une perspective contrastive.
rea.peltola@unicaen.fr
Cette publication est la plus récente de l'auteur sur Cairn.info.
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Mis en ligne sur Cairn.info le 09/02/2020
https://doi.org/10.3917/ss.020.0067
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